Le classement des 7 plus mauvais référenceurs de France
En répondant au Journal du Net qui avait lancé un sondage pour établir la liste des meilleurs référenceurs SEO de France, je ne pensais pas avoir autant de visites sur cet article. Non, je ne pensais pas mais je l’espérais, voulant surfer sur la vague du bad buzz (relatif et limité à 1 ou 2 jours) aux dépends du JdNet.
Néanmoins, plusieurs personnes de la blogosphère SEO se sont émus de la vacuité de ce palmarès tant la notion de « référenceur » est vague et complexe : désormais, il y a tellement de métiers dans ce domaines que plus personne n’est omniscient dans la capacité à promouvoir de manière large un site internet. Je vous laisse consulter le schéma de Renaud Joly pour comprendre toute la complexité et l’étendue des activités composant le «référencement».
Nous allons établir la liste des 7 personnes qui font le plus de mal au référencement. Chacune de ces 7 personnes détruit l’image globale du « référenceur » en sabotant un aspect de son périmètre d’activité. Ces 7 personnes seront désormais sur votre liste noire.
WANTED PENALIZED OR ONLINE (version moderne de «dead or alive»)
Les clients se posent beaucoup de questions au sujet des offres de référencement qui sont souvent obscures, ils ne savent pas vraiment quelle valeur ajoutée procure telle ou telle action dans la promotion et la visibilité de leur site internet. D’où cette méfiance et ce scepticisme affiché lors des négociations commerciales.
Et ne parlons pas de tous ces prospects devenus froids parce qu’ils ont été abusés par des agences web ou des soi-disant professionnels du référencement qui les ont littéralement « tondus » et « essorés » jusqu’à plus-soif, avec des techniques de sagouin. Aux yeux de toutes ces personnes, les « gens du web » sont des margoulins sans foi ni loi, dont il faut se méfier, avec des tarifs de folie, et qui prennent les clients pour des … oui, pour des pigeons ou des canards sauvages.
Ce n’est pas une tâche aisée de désigner les mauvais professionnels (qui en fait n’ont rien de pro, finalement). Il y en a qui font des promesses pour devenir 1er sur Google en 1 nuit, d’autres qui garantissent une position sur tous les mots clés (en oubliant la concurrence et l’algorithme de Google), d’autres qui vous font miroiter un succès dépassant vos rêves les plus fous (« devenez millionnaire, en 30 jours » et qui habitent toujours en location chez leur maman, je ne désigne pas, vous le connaissez tous, il « blogue et il gagne »). Et tout ça, évidemment pour un prix ridicule, tout rikiki.
Et le problème, c’est que les agences web honnêtes tentent de surnager parmi tous ces requins qui vendent tout sauf des solutions et des réponses cohérentes à leurs clients. Du travail propre, qui ne fait pas forcément rêver, mais qui à force de travail, arrivent à avoir des résultats dans la masse.
Si en plus je vous dis que Google change les règles tous les jours, que ce que vous proposait votre référenceur marchait hier et ne fonctionne plus aujourd’hui, je peux comprendre que ça altère l’enthousiasme de celui qui signe votre chèque. La légitimité d’une entreprise se mesure au fil du temps à ses succès constants et réguliers. Mais même les plus légitimes se font parfois avoir pour avoir trop cédé à la facilité comme on a pu le voir ces 2 dernières années, pendant lesquelles Google a changé d’attitude et a décidé de rehausser le niveau de jeu.
Beaucoup de référenceurs s’attribuent le titre de « référenceur », sous-entendu, ils connaissent tout et couvrent tout le périmètre du référencement. Autrement dit, ils sont multicartes, multi-facettes, omniscients, universel (non, là j’abuse). Un bon référenceur, c’est celui qui est capable de reconnaitre qu’il ne connait pas tout et qu’il doit continuer à apprendre. Je rajoute : il peut avoir une ou plusieurs spécialités, mais il est évident qu’il fera appel à un confrère, dans le cas où il devra opérer sur un dossier qui demande une certaine expertise qu’il n’a pas, si le besoin est établi.
C’est comme ça qu’on établit une légitimité. Et c’est ce que j’aurai aimé lire dans l’article du Journal du Net. Et donc, d’autres référenceurs, eux, se contentent d’approximation car ils veulent tout faire et ne peuvent au final que faire du mal à un site internet. Pour aller sur un registre poétique, les mauvais référenceurs profitent de l’obscurité au fur et à mesure que la nuit reprend ses droits. Hum… dans ma tête ça sonnait bien, sous forme de mots ça n’a aucun sens. Tant pis. Comprenne qui pourra.
7 référenceurs sur le tableau noir :
1. Celui qui promet la lune et les étoiles
C’est toi si tu promets, si tu garantis la 1ère position à ton client. Tu peux faire des milliers de soumissions aux moteurs de recherche mais tu oublies qu’il n’y en a que 2 ou 3 qui valent le coup.
C’est toi si tu assures que tu peux battre Google, mais tu devras dépenser beaucoup d’argent pour y parvenir, et ça, tu ne l’as pas dit à ton client.
C’est toi si tu fais la promotion de techniques dont tu n’arrives même pas à savoir ce qu’il y a dedans, car ce sont clairement de mauvaises pratiques SEO, comme l’automatisation irréfléchie de texte, la duplication de contenu, le cloaking, les pages satellites, l’achat de lien mal étudié (nota : pensez à RocketLinks, là c’est un service intéressant), et tout ton contenu soumis à des link farms, ces réseaux grillés, cramés par Google comme étant des fermes de contenu, où la prose nauséabonde côtoie le splog crasseux).
C’est toi si tu apportes des résultats d’une autre époque (disons, d’avant 2011 !), qui permettaient de ranker facilement et sans effort.
2. Celui qui n’est pas clair et transparent
C’est toi si, lorsqu’on te pose une question sur les moyens et la mise en œuvre de ton travail, tu n’arrives pas à expliquer facilement à une personne extérieure pour qu’elle comprenne le but de tes actions de référencement.
C’est toi si tu réponds volontairement à côté, si tu mens, si tu trouves des subterfuges pour ne pas répondre à une question simple avec des mots simples.
C’est toi si tu n’arrives pas à justifier, argumenter et prouver que ce que tu vas faire sera bénéfique au site internet de ton client.
C’est toi si tu te défiles et si tu es plein de contradictions. Un bon moyen de te coincer est de poser une question sur un sujet d’actualité concernant le web et le référencement. Les journaux parlent maintenant de Google et des techniques de référencement, en vulgarisant les propos. Donc le client commence à avoir des informations compréhensibles. Et il pourra te questionner dessus pour savoir si tu es bidon ou légitime.
3. Celui qui continue à dire que tout est secret
C’est toi si tu continues à proclamer que le référencement est une grande boite noire, dans laquelle le client ne devrait pas mettre son nez, et te confier la responsabilité exclusive de promouvoir la visibilité de son site.
C’est toi si tu ne peux ou ne veux pas expliquer à ton client les différentes techniques que tu comptes appliquer à son site, sous prétexte de secrets de fabrication. Tu ne veux pas avoir que 100% de tes actions proviennent de Fiverr !
Le client a le droit (et le devoir selon moi), de savoir quelles sont les techniques qui sont implémentées. Certes, aller dans le détail n’a aucun intérêt, et fait partie des outils qui peuvent rester secrets, mais tout de même, le client doit pouvoir contrôler et évaluer la réalité de ton travail.
C’est toi si tu es un mauvais SEO qui ne veut pas informer ton client pour éviter d’avoir à assumer leur responsabilité. Il mériterait pourtant d’avoir un référenceur ouvert et honnête.
4. Celui qui est trop concentré sur les classements
C’est toi si tu crois que seuls les classements et la position dans Google compte. Le succès peut être ailleurs, et ceux qui diversifient leur trafic visiteur sont ceux qui dorment le mieux. Ne pas ou ne plus dépendre de Google est un point crucial pour une entreprise qui vit par et via internet.
C’est toi si tu penses que le ranking est la seule chose à faire progresser sur un site. C’est certes important, mais ce n’est pas le but ultime. Le classement dans les SERP est un moyen mais n’est pas une fin en soi, dans le sens où il y a de nombreux autres aspects qui concourent à la réussite d’un site internet (l’interface utilisateur, son ergonomie, sa facilité d’accès – UI & UX sont dans un bateau-, le contenu, l’ensemble qui donne confiance, …).
Une bonne position dans les principaux mots clés ne conduit pas forcément à un trafic qualifié de qualité qui permettra une bonne conversion ou une bonne transformation. Ce n’est pas acquis, ce n’est pas systématique.
5. Celui qui ne voit le SEO que comme des mots clés et des liens
C’est toi si tu penses que le travail de référenceur ne concerne que l’acquisition de liens et la profusion de mots clés.
C’est toi si tu tentes de persuader ton client que c’est uniquement cet aspect-là qui lui permettra d’avoir du succès et seulement cet aspect-là. Il y a tellement de chemins pour arriver au succès, qui ne dépendent pas toujours de l’équation « Keyword + Backlink = Amour ». Prenons par exemple les réseaux sociaux, on remarque que les réseaux sociaux (surtout Twitter et Facebook) peuvent engendrer un trafic assez important et qualifié sans pour autant disposer d’un lien comptable (pris en compte comme un lien de qualité par les moteurs de recherche – exemple : un lien sur Facebook peut driver du monde sans pour autant avoir une valeur quantifiable par un algorithme).
C’est toi si tu ne veux pas comprendre que la réussite à long terme passe par une multitude de stratégies et ne doit pas être limité à un aspect du référencement qu’est le netlinking.
6. Celui qui n’a qu’une seule méthodologie
C’est toi si tu n’appliques à tes campagnes de référencement qu’une seule stratégie qui a, certes déjà fait ses preuves, mais qui ne tient absolument pas compte de la particularité de ton client.
C’est toi si tu procèdes de la même manière avec un site vitrine qu’avec site de vente en ligne.
C’est toi si tu es le bourrin du référencement, et que tu ne t’adaptes pas au besoin de ton client.
C’est toi si tu ne connais pas la valeur d’un lien et qu’un lien sur un profil de forum ultra-blasté est équivalent à un lien contextuel sur un blog connu de la thématique de ton client (mais ça, tu ne le fais pas puisque tu te contentes de blaster comme un porc, en pensant que parmi tout le déchet envoyé, il y aura bien quelques liens qui surnageront au-dessus des SERP).
7. Celui qui ne comprend pas ce qu’apporter du « service » veut dire.
C’est toi si tu factures ton client mais qui n’apporte pas réellement de valeur ajoutée.
C’est toi si tu as terminé l’ensemble de tes tâches prévues au contrat mais que tu continues à facturer ton client sans qu’il y ait des actions (je pense par exemple à tous ces vendeurs de site web one-shot à la Com*t*k ou Cort*x, Proxim*d*a, Inc*mm, Id*p Multim*d*a, Icar*…
C’est toi si tu ne prends pas l’opportunité d’appliquer tes connaissances, ton expérience et ton recul pour aider le client à aller de l’avant, à accompagner le client pour qu’il progresse, pour que son site bénéficie d’une réelle expertise. Ne pas se contenter de faire le job et de partir.
C’est toi si tu proposes une prestation qui a l’air trop bonne pour être vraie, car c’est probablement de la merde. Le client n’est pas bête. Il connaît le coût du travail, il sait par exemple que pour faire un certain volume de tâches, cela va nécessiter un certain nombre de jours-homme (JH). Alors en multipliant le nombre de JH par le coût quotidien d’une agence web moyenne, d’un consultant SEO ou d’un freelance, cela ne fera jamais 19,90 €, 59,90 € ou 99,90 € pour que son site décolle enfin.
C’est toi si tu fais croire que le référencement pas cher, cela suffit. Je viens de l’expliquer juste au-dessus ! Le prix, que ce soit dans le web, dans le marketing ou ailleurs traduit la plupart du temps une valeur ajoutée, une expertise à travers un ensemble de tâches qui demandent du temps. C’est ce temps qui va être facturé, en tenant compte de charges diverses et variées (amortissement, immobilier ou mobilier, …). Un tarif bas ne peut conduire qu’à une prestation de basse qualité. Sauf si on fait appel à des enfants chinois, mais ça dépend du cours du riz. Et de l’eau. Parce qu’il faut un peu d’eau pour cuire le riz. On peut prendre de l’eau sale aussi… Mais on a une prestation tout aussi sale.
Voilà. J’en ai assez dit.
Maintenant, vous savez tout, vous pouvez identifier qui est un bon référenceur et qui ne l’est pas.
A vous maintenant de me dire si vous êtes un bon ou un mauvais référenceur et pourquoi. N’hésitez pas à argumenter.

Commentaires (20)
Hervé from Créer un site Internet avec InfiniCMS
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Mouhahahah, je m’attendais à voir des noms mais non !!! Bien joué parce que ton article est bon et que tu vas faire un joli petit buzz.
Tu te doutes que tu n’auras quasiment personne qui viendra pondre un commentaire du genre : « Ouah, je me reconnais dans le point x ». Non, ce sera plutôt : « Je connais un gars qui est dans x ou y ».
Les langues de bois vont se déchaîner ^^
Reply
loran
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